À 55 ans, Sam Darwish est un entrepreneur libanais, fondateur d’IHS Towers, pionnier des télécoms durables dans les marchés émergents. Sa fortune est estimée à 1 Md$, (source: Forbes, Janvier 2026)
Sam Darwish est né au Liban en 1970, dans un pays marqué par la guerre civile. Il étudie le génie informatique et les communications à l’American University of Beirut, dont il sort diplômé avec distinction. Mais le pays est instable, les perspectives limitées Il choisit alors d’aller aux États-Unis et entre chez MCI (devenu Verizon), au cœur du boom des télécoms. Il y apprend la grammaire des grands réseaux et le langage des projets d’infrastructure complexes. Il quitte MCI après plusieurs années d’apprentissage pour rejoindre Libancell, la toute première entreprise GSM du Liban, en tant
que Network Chief Engineer. Il passe d’un poste technique dans une multinationale à un rôle opérationnel sur le terrain et y pilote le déploiement du réseau mobile dans un contexte instable (entre checkpoints, coupures et tensions politiques). Cette expérience renforce sa conviction qu’une infrastructure télécom robuste est indispensable au développement durable, surtout dans les régions en reconstruction. Il conçoit alors un modèle innovant de mutualisation des pylônes, appelé « tower sharing », qui permet aux opérateurs de partager les infrastructures au lieu de construire chacun leurs propres tours.
En 2001, il fonde IHS Towers au Nigeria, avec une idée simple mais radicale pour l’époque : mutualiser les pylônes télécoms plutôt que d’en construire à perte chacun dans son coin. Ce «tower sharing», encore naissant en Afrique, réduit les coûts, accélère la couverture réseau et diminue l’empreinte carbone. Mais surtout, il change la donne pour le continent. Il permet de connecter plus vite les zones rurales, de rendre les services mobiles accessibles au plus grand nombre, de poser les fondations de l’économie numérique. Il stimule la concurrence entre opérateurs, fait baisser les prix pour les utilisateurs et crée des emplois qualifiés. Peu à peu, Sam convainc des géants comme MTN ou Orange de lui céder leurs tours. Il construit, rachète, optimise, tout en formant des équipes locales capables de maintenir ces structures sur le long terme. De 2005 à 2012, il pilote l’expansion d’IHS, combinant construction et acquisition de tours auprès de géants comme MTN et Orange, tout en levant près de 79M$ pour développer des sites conçus dès l’origine pour être partagés.
L’année 2013 marque un tournant stratégique, avec un investissement majeur de 490M $ apporté par Goldman Sachs, IFC et Wendel. Ce soutien massif ouvre la voie à une croissance accélérée et à une ambition internationale. Entre 2014 et 2021, IHS s’internationalise, s’implantant au Brésil, en Colombie et au Moyen-Orient, tout en renforçant sa présence en Afrique. IHS entre dans ces marchés par l’acquisition de portefeuilles de tours existants auprès de grands opérateurs télécoms, répliquant son approche d’infrastructure mutualisée pour réduire les coûts et accélérer la couverture réseau. Parallèlement, l’entreprise investit dans les énergies renouvelables pour réduire son empreinte carbone.
Malgré les défis de la pandémie, IHS maintient sa croissance et entre en bourse au New York Stock Exchange en octobre 2021, levant près de 400 M$ et atteignant une valorisation de plus de 7 Md$. Cette introduction en bourse marque une étape structurante : elle ouvre à IHS l’accès aux grands capitaux mondiaux, renforce sa crédibilité institutionnelle et l’inscrit dans les standards de gouvernance et de transparence des places financières internationales. Elle confirme qu’un modèle opérationnel conçu en Afrique peut s’imposer au niveau global. Surtout, elle donne à l’entreprise les moyens d’accélérer ses investissements dans la décarbonation des infrastructures et dans la connectivité des zones rurales, multipliant ainsi les effets d’entraînement sociétaux.
En 2021, Sam Darwish est nommé «Most Admired CEO of the Year» aux Nigerian Business Leadership Awards, une distinction qui récompense à la fois sa performance financière, son impact sociétal et la qualité de son leadership stratégique. Conscient des enjeux climatiques, Sam Darwish lance en 2023 un programme de modernisation énergétique de plus de 100 M$, visant à alimenter 40% des tours d’IHS par des sources renouvelables d’ici 2026. Il met également en place des hubs de connectivité dans les zones rurales, associant internet, électricité et formation numérique pour favoriser l’inclusion.
En parallèle, il fonde la Darwish Foundation qui soutient l’éducation, la formation numérique et l’entrepreneuriat local, notamment féminin. Son style de management repose sur la responsabilisation locale, la diversité des talents et un leadership éthique, ancré dans une vision de long terme.
Président exécutif d’IHS Towers, Sam Darwish partage sa vie entre Londres, Lagos et Beyrouth avec sa femme et leurs deux enfants. Discret mais déterminé, il incarne un entrepreneuriat africain ambitieux, alliant rentabilité, inclusion sociale et durabilité environnementale.
En quelques chiffres :
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Siège à Lagos au Nigéria
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Fondé en 2001
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CA 2024 : 1,9 Md$, soit + 9% par rapport à 2023
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Capitalisation boursière : 2,5 Md$
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+3 000 collaborateurs
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Présent dans 8 pays (Afrique, Amérique latine, Moyen Orient), avec une population totale desservie d’environ 644M de personnes
Le secteur des telecom :
Le marché africain des télécoms reste l’un des plus dynamiques au monde, avec plus de 1,2 Md d’abonnés mobiles.
Le segment des tours indépendantes, représente une part importante du marché, (près de 45 % en 2024), indiquant un mouvement fort vers des modèles d’infrastructure spécialisés et efficients.
« Connecter, c’est commencer à réparer. »